Quand l’aide s’installe sans qu’on l’ait choisie
Être aidant ne commence pas par une décision claire. Cela s’installe progressivement. On aide un peu, puis davantage. On soutient, on rassure, on s’adapte. Et, sans l’avoir vraiment choisi, on se retrouve un jour au centre, comme point d’appui principal d’une personne que l’on aime. Cette place se construit dans la durée, portée par l’attachement, souvent sans cadre ni repères précis.
Dans les situations de vulnérabilité psychique ou d’addiction, cette place devient particulièrement exigeante. Aider ne se limite pas au quotidien : il faut anticiper, surveiller, contenir, rassurer, parfois protéger. L’aidant vit dans une vigilance continue, entre espoir fragile et fatigue accumulée. Il apprend à lire des signaux invisibles pour les autres et ajuste sans cesse ses paroles et ses réactions, convaincu que sa présence peut faire la différence.
Cette implication s’accompagne fréquemment d’une tension durable. Peur de mal faire, peur d’en faire trop ou pas assez, peur de s’absenter. À cela s’ajoute souvent une culpabilité diffuse : si quelque chose arrive, l’aidant se demandera ce qu’il aurait pu faire autrement. Avec le temps, ses propres besoins passent au second plan. L’épuisement peut s’installer silencieusement, d’autant plus difficile à reconnaître que ce rôle reste peu visible et rarement nommé.
Il est essentiel de le rappeler : être aidant ne signifie pas être invulnérable. Aimer et accompagner ne donne pas un pouvoir sur la trajectoire de l’autre. L’aidant n’est ni responsable des rechutes ni coupable de l’évolution de la situation. Comprendre les mécanismes de l’addiction, en particulier lorsqu’il s’agit de nouvelles drogues de synthèse aux effets rapides et imprévisibles, permet parfois de mieux interpréter certains comportements et de réduire la culpabilité.
Reconnaître que l’aidant a lui aussi besoin d’aide est une mesure de protection, pas un échec. Pouvoir prendre du recul, parler à un professionnel, évaluer son niveau d’épuisement et accepter des relais peut éviter l’effondrement. ASSOMAX souhaite rendre visibles ces parcours d’aidants, non pour les idéaliser, mais pour leur redonner une place juste : tenir, parfois au bord de la rupture, par attachement, par humanité, par amour. Cela mérite d’être reconnu et protégé.
Échelle de vigilance des aidants
Des repères pour évaluer l’impact de votre aide sur votre quotidien
1 = Confortable > 20 = Danger.
Comment utiliser cette échelle ?
Cette échelle n’est ni un test, ni un diagnostic. Assomax vous la propose comme un outil de repérage, pour aider les aidants à mettre des mots sur ce qu’ils vivent.
Zone verte : vous aidez sans vous oublier.
Zone orange : vous tenez encore, mais au prix de vous-même.
Zone rouge : vous ne devez pas rester seul(e).
Chez Assomax, nous sommes convaincus que prendre soin de soi fait partie intégrante du rôle d’aidant.
Demander de l’aide n’est pas un échec, c’est une protection.
Si cette échelle vous interpelle, posez-vous cette question : « De quoi aurais-je besoin aujourd’hui pour aller un peu mieux ? »
Publié le : 1 décembre 2025
Mis à jour le : 3 janvier 2026
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