Être accompagné·e après la perte d’un·e proche

Des mères, des pères, des sœurs, des frères, des oncles, des tantes, des conjointes, des conjoints, des proches dont la vie a basculé. Personne n’a choisi d’être là. Nous sommes arrivé·es parce qu’une personne aimée n’est plus là, laissant derrière elle une absence brutale et des questions qui ne s’éteignent pas avec le temps.

Après le décès, le besoin d’en parler peut apparaître, parfois longtemps après. Pourquoi continuer à parler quand tout semble déjà joué ? Parce que le silence ne suffit pas toujours. Parce qu’après la disparition, il reste à comprendre, ou au moins à tenter de donner un sens à ce qui a bouleversé une vie entière.

Certaines familles ont vu venir une dégradation. Elles ont soutenu, alerté, accompagné, parfois jusqu’à l’épuisement. Beaucoup portent aujourd’hui un traumatisme profond, lié à ce qu’elles ont vu, tenté, espéré. À cela s’ajoutent des questions persistantes : aurait-on pu faire autrement, dire autre chose, agir plus tôt ? Cette impossibilité de sauver laisse une culpabilité lourde et des images qui reviennent. Mettre des mots permet parfois de reconnaître une limite douloureuse : aimer et accompagner ne donnent pas le pouvoir de tout empêcher.

D’autres familles découvrent les consommations après coup. Elles apprennent l’existence des produits et des usages trop tard, au moment d’une hospitalisation grave ou d’un décès. Ce choc tardif s’accompagne souvent d’une sidération et d’une culpabilité injuste : comment ne rien avoir vu ? Échanger peut aider à comprendre ce que le secret, le manque d’information ou la banalisation des produits avaient rendu difficile à percevoir.

Dans ces échanges, il peut aussi être question d’une habitude, d’un rire ou d’un souvenir heureux. Les familles n’ont pas à raconter uniquement le drame pour trouver leur place.

Parler, enfin, permet de dire que ces personnes ont existé. Qu’elles avaient un prénom, une histoire, une place. Pour soi, pour les autres, pour que ces vies ne soient pas réduites au silence ou à des chiffres. ASSOMAX accueille ces paroles lorsqu’elles peuvent émerger, sans les forcer, afin que chacun·e puisse avancer à son rythme, entre mémoire, compréhension et reconnaissance.

Ce que disent les sources

L’étude qualitative d’O’Callaghan et Lambert, publiée en ligne en 2024, donne la parole à six personnes ayant perdu un·e pair·e pendant leur propre période d’addiction. Elle montre combien un deuil peut être fragilisé lorsque le lien avec la personne morte et la peine de la personne qui reste sont peu reconnus. Ce travail invite à ne pas oublier les ami·es et les partenaires parmi les personnes qui ont besoin d’être accueillies dans leur deuil.

Conseil de vidéo à regarder à propos du deuil :
Moi, en deuil sur Arte.

Le deuil est une façon de répondre à l’expérience de la mort ; il permet de donner un sens à la perte.
Dans cet épisode, trois personnes témoignent :
Lucille raconte ce qu’elle a ressenti lorsque son mari est décédé brutalement peu après la naissance de leur enfant ; Nadjib revient sur le sentiment de perte qui l’a submergé lorsqu’il a dû fuir son pays, l’Afghanistan ; et Ramona explique comment elle a surmonté la mort accidentelle de son frère.

Publié le : 1 décembre 2025

Mis à jour le : 13 octobre 2026

Familles endeuillées après un décès lié aux drogues

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