Après, il reste la question.

Après un décès lié aux nouvelles drogues de synthèse — une disparition brutale, un accident, une chute, une mort qui arrive sans prévenir — une question finit presque toujours par surgir : et maintenant, comment on vit ? ASSOMAX n’a pas de réponse toute faite, et c’est volontaire. L’après ne se résume pas à une seule histoire, il n’existe pas de mode d’emploi pour continuer, et chaque famille avance différemment, à son rythme, avec ses silences, sa fatigue et ses contradictions.

Quand l’urgence disparaît, il reste souvent le vide. Il n’y a plus de combat immédiat, plus rien à « faire ». La vie continue autour, mais à l’intérieur quelque chose semble figé. On se lève, on tient, on vacille. Parfois les larmes viennent, parfois non. Par moments on croit aller mieux, puis tout se dérobe à nouveau. Beaucoup de proches décrivent un profond décalage : avec le temps, avec les autres, parfois avec eux-mêmes.

Cet après existe pourtant, même lorsqu’il est flou, douloureux ou difficile à formuler. Il ne se dit pas toujours avec des phrases claires. Il peut se manifester par de la fatigue, des absences, des gestes mécaniques, une impression d’irréalité persistante. Le fait de ne pas savoir nommer ce qui se passe n’enlève rien à la réalité de cet après.

C’est pourquoi ASSOMAX envisage cet espace comme une invitation. Une invitation faite aux familles, aux proches, aux aidants, à dire ce que vivre après signifie pour eux, quand plus rien n’est comme avant. Avec leurs mots, leurs silences, leurs phrases incomplètes. Sans chercher à expliquer, sans chercher à aller mieux, sans attente de résultat.

Vivre après ne signifie peut-être pas « s’en remettre ». C’est parfois apprendre à vivre autrement, avec ce qui reste. Et peut-être que le faire ensemble, sans injonction ni jugement, rend ce chemin un peu moins solitaire.

Publié le : 1 décembre 2025

Mis à jour le : 3 janvier 2026

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