Quand aider devient une épreuve traumatique
Après un décès brutal ou une intoxication grave liée aux nouvelles drogues de synthèse, certains proches portent un traumatisme spécifique : celui d’avoir été aidant. Avoir veillé, soutenu, surveillé, parfois pendant des mois ou des années, sans parvenir à empêcher le drame.
Ce traumatisme ne commence pas toujours au moment de la mort. Il s’installe souvent bien avant, dans le temps long de l’accompagnement. Voir son proche changer, s’effondrer progressivement, perdre ses repères, tout en restant présent et inquiet, crée un état de tension permanente. L’aidant avance sans mode d’emploi, avec le sentiment d’être responsable, mais sans réelle prise sur ce qui se joue.
Après le décès, beaucoup décrivent des ruminations incessantes. Les pensées tournent en boucle : scènes rejouées, décisions questionnées, signes interprétés a posteriori. À cela peuvent s’ajouter des reviviscences ou des flashs — images, sensations, moments précis qui surgissent sans prévenir. Ces manifestations sont fréquentes dans les états de stress post-traumatique.
La culpabilité est souvent centrale. L’aidant se reproche de ne pas avoir vu, compris ou insisté davantage. Même lorsque les marges d’action étaient limitées, voire inexistantes, le sentiment d’avoir échoué peut devenir envahissant. Cette culpabilité ne dit pas une faute, mais l’attachement et l’impuissance vécus face à une situation qui échappait au contrôle.
Les nouvelles drogues de synthèse aggravent ce vécu par leur puissance, leur imprévisibilité et la rapidité des bascules, rendant toute maîtrise illusoire, même pour des proches très attentifs. Reconnaître le traumatisme de l’aidant permet de sortir d’une lecture injuste de l’échec. ASSOMAX rappelle que ces proches ont fait ce qu’ils pouvaient, et que ce vécu mérite d’être reconnu, compris et accompagné.
Publié le : 3 janvier 2026
Mis à jour le : 3 janvier 2026
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