Culpabilité, addiction et nouvelles drogues de synthèse (NDS) : comprendre le piège

La culpabilité est très fréquente chez les personnes confrontées à l’addiction. Beaucoup se reprochent de consommer, de ne pas parvenir à s’arrêter, de décevoir leurs proches ou de ne pas être à la hauteur de ce qu’elles pensent devoir être. Cette culpabilité est souvent vécue comme une preuve de lucidité ou de responsabilité. Pourtant, elle n’empêche pas l’addiction. Bien souvent, elle l’alimente et la renforce.

Avec les nouvelles drogues de synthèse, ce mécanisme est accentué. Le manque d’information fiable, la banalisation de certains produits et les idées fausses (« je gère », « c’est comme les autres », « je peux arrêter quand je veux ») entretiennent l’illusion d’un contrôle. Lorsque les effets deviennent envahissants ou inquiétants, la honte apparaît. Elle pousse à cacher les usages, à minimiser les difficultés et à s’isoler davantage, retardant toute possibilité d’aide.

Certaines substances agissent rapidement et profondément sur le cerveau. Les mécanismes de l’addiction ne relèvent pas uniquement de la volonté ou du caractère. La culpabilité, loin de protéger, enferme dans un cercle où l’on consomme pour tenir, puis où l’on se reproche de consommer. Ce va-et-vient fragilise encore davantage la personne, tout en renforçant le silence et l’isolement.

Comprendre ces mécanismes permet de desserrer l’étau. Informer clairement ne revient pas à déresponsabiliser, mais à redonner de la lucidité. Cela aide à distinguer ce qui relève des effets des produits, de leur puissance et de leur disponibilité, de ce qui relève des choix individuels. Cette mise à distance permet souvent de sortir d’une lecture uniquement morale de la situation.

Lorsque la consommation devient difficile à contrôler ou source de souffrance, un accompagnement médical ou addictologique peut aider à comprendre ce qui se joue et à rompre l’isolement. Ces professionnels travaillent avec les personnes concernées, sans jugement. ASSOMAX propose ces repères pour rappeler que l’information et l’accès à une aide adaptée sont des leviers essentiels, et que la culpabilité, à elle seule, ne protège ni ne soigne.

Addicto Repère, une première prise de conscience

ADDICTO REPÈRE

Comment utiliser ce repère ?

Ce repère n’est ni un test, ni un diagnostic. ASSOMAX le propose comme un outil de lecture pour aider à se situer face à sa consommation et à mettre des mots sur ce qui se passe.

  • Zone de vigilance : la consommation semble maîtrisée, mais reste à observer.
  • Zone d’alerte : la perte de contrôle commence à apparaître et mérite attention.
  • Zone de danger : la consommation prend une place centrale et il ne faut pas rester seul(e).

Chez ASSOMAX, nous considérons que se poser ces questions fait partie de la protection de soi.

Demander de l’aide n’est pas un échec, c’est une mesure de prévention.

Si ce repère vous interpelle, posez-vous cette question :
« De quoi aurais-je besoin aujourd’hui pour me sentir un peu plus en sécurité ? »

Publié le : 1 décembre 2025

Mis à jour le : 3 janvier 2026

Consommation et culpabilité

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