Être soutenu·e après un décès survenu lors d’une consommation partagée

Après un décès lié aux nouvelles drogues de synthèse ou à d’autres drogues illicites, certaines situations laissent les proches dans une position particulière : celle d’avoir consommé avec la personne décédée. Lorsque le lien est amoureux ou très proche, la perte s’accompagne souvent d’un sentiment de culpabilité intense, difficile à formuler et parfois impossible à partager.

Dans ces parcours, la personne survivante peut revivre sans cesse les moments passés ensemble : ce qui a été fait, ce qui aurait pu être différent, ce qui n’a pas été anticipé. Les questions tournent en boucle, souvent sans réponse, et s’accompagnent d’un sentiment d’avoir participé, même indirectement, à ce qui s’est produit.

Comprendre ce qui se joue psychiquement dans ces situations est essentiel. La consommation à deux crée un lien particulier, mêlant confiance, proximité et parfois dépendance mutuelle. Lorsque le décès survient, ce lien ne disparaît pas : il peut devenir douloureux à évoquer, tant les souvenirs partagés se mêlent au sentiment d’avoir été impliqué·e et impuissant·e.

Pouvoir parler du deuil et de sa propre consommation dans un même espace peut être particulièrement important. La personne survivante peut craindre qu’on la juge, ou penser qu’elle n’a pas le droit d’être aidée parce qu’elle était présente. Pourtant, sa douleur mérite une écoute. Si la consommation devient une façon de supporter l’absence, cette difficulté peut être confiée à un·e professionnel·le sans attendre de pouvoir tout expliquer.

Ce que disent les sources

Les entretiens d’O’Callaghan et Lambert avec six personnes ayant perdu un·e pair·e pendant leur propre période d’addiction font apparaître une culpabilité d’avoir survécu, de la honte et parfois une augmentation des consommations. Le manque de reconnaissance du lien avec la personne morte peut rendre l’aide encore plus difficile à demander. Ce travail montre l’intérêt d’un accueil capable d’entendre ensemble le deuil et les consommations de la personne survivante.

Publié le : 27 avril 2026

Mis à jour le : 13 octobre 2026

Consommer à deux, survivre seul·e

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