Surdose d’opioïdes : des repères pour agir

Les opioïdes de synthèse sont fabriqués par voie chimique. Certains, comme le fentanyl, ont des usages médicaux encadrés ; d’autres circulent sur le marché illicite, notamment les nitazènes. Plusieurs de ces substances sont très puissantes et peuvent provoquer une intoxication avec de faibles quantités.

Des alertes européennes signalent leur présence, notamment dans des produits dont le contenu ne correspond pas à ce qui est annoncé. La frontière entre l’effet recherché et l’intoxication grave est particulièrement étroite, ce qui rend ces substances difficiles à appréhender pour les personnes et leurs proches.

Le danger majeur est le ralentissement de la respiration, qui peut aller jusqu’à son arrêt. Une somnolence profonde, un ralentissement de la respiration et une perte de connaissance peuvent survenir en peu de temps. Contrairement à d’autres produits, la dégradation de l’état peut se faire sans agitation visible ni signe annonciateur évident.

Un facteur de risque majeur tient à la présentation trompeuse. Des opioïdes de synthèse ont déjà été retrouvés dans des produits présentés comme autre chose, y compris dans des mélanges ou des substances associées à des usages stimulants. Cette présence à l’insu des personnes expose à des overdoses imprévisibles.

Une respiration très lente ou absente et une personne impossible à réveiller doivent faire suspecter une surdose d’opioïdes. Appelez immédiatement le 15 ou le 112. Si de la naloxone est disponible, administrez-la selon sa notice et suivez les consignes des secours. Cet antidote peut rétablir la respiration, mais son effet peut s’estomper avant celui de l’opioïde : l’arrivée des secours reste nécessaire, même si la personne se réveille.

Avant qu’une urgence ne survienne, les personnes exposées et leur entourage peuvent demander à un·e pharmacien·ne ou à une équipe d’addictologie comment obtenir de la naloxone et apprendre à l’utiliser. Savoir où elle se trouve et comment agir fait partie de la préparation.

Ce que disent les sources

L’étude américaine d’Olfson et ses collègues, publiée en 2018, montre qu’après une overdose d’opioïdes non mortelle, la vulnérabilité ne se limite pas au risque d’une nouvelle intoxication. Dans la population suivie, la mortalité était également élevée pour d’autres causes médicales et pour le suicide. Ce constat plaide pour une suite de soins qui prenne en compte la santé physique, la santé mentale et les consommations. Après l’urgence, organiser ce suivi fait pleinement partie de la prise en charge.

Publié le : 12 décembre 2025

Mis à jour le : 13 octobre 2026

Opioïdes de synthèse : surdose et naloxone

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