Altération du discernement : une question à étudier avec les équipes compétentes

Au fil des situations accompagnées par les familles, une difficulté revient : les nouvelles drogues de synthèse, tout comme d’autres drogues illicites, peuvent entraîner des effets qui altèrent profondément le discernement de certaines personnes. ASSOMAX emploie l’expression « emprise chimique » pour parler de cette altération. Celle-ci peut se manifester par des troubles cognitifs, des épisodes psychotiques ou paranoïaques et une perte de contrôle comportemental, rendant difficile une adhésion libre et éclairée aux soins. Face à un refus ou à un abandon de soins, ASSOMAX demande que cette altération du discernement et les autres troubles soient examinés pour adapter la prise en charge.

Les familles rapportent également des ruptures soudaines et répétées dans les parcours de soins, parfois suivies de drames dans des délais très courts. Passages aux urgences, hospitalisations brèves sans suivi structuré et manque de coordination entre les équipes de santé contribuent à une prise en charge fragmentée. Cette situation renforce le sentiment de démunissement des proches, souvent confronté·es à l’absence de personne référente identifiée et à des difficultés pour accompagner leur proche dans la durée.

Ces observations soulèvent la nécessité d’une réflexion sanitaire et médico-légale autour de la notion de décès survenant sous emprise chimique. Certaines situations, parfois classées comme suicides, pourraient s’inscrire dans des contextes d’altération du discernement liés à une intoxication, rendant l’intentionnalité difficile à établir. ASSOMAX demande que ces mécanismes soient examinés pour mieux comprendre les drames et orienter la prévention.

Pour les familles, la continuité des soins signifie d’abord savoir qui prend le relais après une crise. Un rendez-vous fixé, une personne référente connue et une transmission utile entre les équipes peuvent rendre la suite plus compréhensible. Les proches peuvent contribuer par leurs observations, dans le respect des droits et des choix de la personne. Leur inquiétude doit pouvoir être entendue, sans leur demander de coordonner tous les soins.

Ce que disent les sources

Les recommandations du NICE sur l’association de troubles psychotiques et de consommations préconisent une coordination des soins et une personne référente identifiée lors des transitions. Elles invitent à ne pas exclure une personne des soins psychiatriques en raison de ses consommations, ni de l’addictologie en raison de sa psychose. Ce cadre soutient une prise en charge conjointe, adaptée à la personne.

Ce que nous demandons

Dans ses propositions aux institutions, ASSOMAX demande que l’altération possible du discernement soit examinée lors d’un refus ou d’un abandon de soins, sans négliger les autres troubles. L’association demande des parcours coordonnés, des sorties préparées avec un rendez-vous et une personne référente, ainsi qu’une possibilité pour les proches de transmettre une alerte. Les informations transmises par les proches doivent être reçues et évaluées par les équipes, dans le respect du secret médical.

Publié le : 15 avril 2026

Mis à jour le : 13 octobre 2026

Drogues et discernement : comprendre l’emprise chimique

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